
Il est l’homme qui a fait éclater la vérité sur l’affaire des notes de frais en Grande-Bretagne.
Son nom : John Wick.
À 60 ans, cet ancien major des SAS (Special Air Service, les forces spéciales britanniques) aujourd’hui retraité de l’armée dirige une petite entreprise de renseignement spécialisée dans la libération d’otages en zones de guerre.
Dans une interview accordée samedi au journal conservateur le Daily Telegraph, l’homme se dévoile et explique les raisons qui l’ont poussé à faire la lumière sur ce scandale politique.
« En tant que serviteur de la reine et du pays dans les forces armées, dit-il, je suis fier d’avoir joué mon rôle dans ce que le Daily Telegraph a décrit à juste titre comme “une révolution très britannique”. (…) Il appartient désormais aux autres de décider du meilleur chemin à suivre pour avancer et punir ceux qui ont été démasqués. »
L’homme, qui a servi d’intermédiaire au Daily Telegraph, aurait fait débourser 114 000 euros au journal britannique pour que celui-ci obtienne un cd contenant le total des défraiements.
Aujourd’hui, les notes de frais de 200 des 646 députés de la Chambre des Communes ont été passées au crible par le Daily Telegraph.
De son côté, John Wick avoue n’avoir aucun « regret ». Il confie même avoir été « choqué ». Choqué que le président de la Chambre des communes ait tenté de cacher la vérité.
« Nous avons atteint un stade dans la société, révèle-t-il, où ils (les politiques) veulent tout savoir à notre sujet. Je pense que nous avons le droit de connaître (tout) à leur sujet. »
John Wick le reconnaît : il soutient le Parti conservateur, mais ses orientations politiques, assure-t-il, ne l’ont en aucun cas poussé à rendre public ces informations brûlantes qui, le rappelle-t-il, concernent aussi bien les députés travaillistes que conservateurs.
Pour l’heure, l’ancien des SAS n’a pas souhaité révéler l’identité de la personne qui lui a confié de vendre les documents à la presse.
Face au scandale, Rowan Williams, archevêque de Canterbury, demande que les révélations cessent :
« L’humiliation continuelle et systématique des hommes politiques menace de peser lourdement sur notre capacité à restaurer la confiance en notre démocratie. »
Or, le Daily Telegraph ne l’entend pas ainsi et compte bien poursuivre son enquête. « Le public a le droit de savoir », a-t-il déclaré dimanche dans son éditorial… quand les politiques agissent mal.
Publié le 26/05/2009
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